La lettre d'infos de février 2006
ACTIONS INFOS
Enfin des déchets positifs ! La sensibilisation des problèmes engendrés par les déchets est depuis plusieurs années déjà en tête des interventions scolaires de la Maison de la Nature (convention Sytevom + pays de Montbéliard). Cependant, en terme d’éducation à l’environnement, cette thématique offre surtout aux élèves une image d’une planète malade, en danger, qu’il faut protéger. S’il est vrai que leur devoir de citoyen sera de la protéger, l’objectif des éducateurs à l’environnement doit être de leur en donner l’envie, qui viendra surtout en s’émerveillant et en découvrant des actions positives et valorisantes. La demande récente de la Communauté du Val de Semouse de sensibiliser ses classes au compostage individuel va dans ce sens, et une brèche s’ouvre enfin dans la manière de parler des déchets : réutiliser les déchets organiques pour faire pousser des légumes, voilà de quoi redonner le sourire aux enfants, à la planète,… et aux animateurs ! Suite de l’action au prochain épisode !
ADHÉRENTS INFOS
Grosse expo nature en octobre prochain Depuis plus de quinze ans, la Maison de la Nature mène des actions sur le thème de la biodiversité cultivée, aussi bien dans le domaine du patrimoine fruitier que dans celui du patrimoine potager. Tous les deux ou trois ans, elle réalise une grosse exposition qui présente au grand public la diversité existant dans ce domaine. Lors de la dernière exposition, en date du 3 octobre 2003, l’association a ainsi présenté 120 variétés différentes de potirons, 76 de poivrons et piments et de nombreuses variétés de pommes. Les deux dernières expositions avaient l’originalité d’associer les membres adhérents et les sympathisants de l’association à la culture des légumes exposés. Ainsi en 2003, l’association avait donné des graines à 64 personnes qui ont ensuite cultivé chez elles les différentes variétés en vue de l’exposition. Les quatre expositions que nous avons réalisées entre 1992 et 2003 ont accueilli entre 800 et 2000 personnes (public essentiellement local en provenance de la vallée de l’Ognon et de l’agglomération de Besançon).
Le Conseil d’Administration de l’association a décidé de renouveler l’expérience cette année en axant l’exposition d’octobre sur trois thèmes : potirons (aussi bien variétés culinaires que décoratives), plantes à tubercules, racines et bulbes (navets, radis, carottes, choux-navets, oignons…), légumes géants et légumes nains. Cette exposition aura lieu le dimanche après-midi 15 octobre 2006. À l’image de ce qui s’est déjà fait en 1999 et en 2003, l’association a souhaité associer une nouvelle fois le maximum de personnes à cette opération : membres adhérents, amis, sympathisants, …
Rappelons le principe très simple du partenariat entre l’association et les particuliers intéressés : - la Maison de la Nature fournira à chaque personne intéressée un lot de 4 variétés (par exemple 3 variétés de potirons + 1 autre variété), voire même deux lots aux jardiniers les plus motivés. La distribution se fera selon un principe facilement gérable (le seul principe vraiment équitable que nous ayons trouvé) : la première personne qui demande un lot aura le lot n° 1 et ainsi de suite. Chacun aura donc la surprise d’avoir telles ou telles variétés. Le nombre de graines est limité, un paquet de graines étant partagé en général entre au moins deux personnes (pour optimiser les chances de réussite). Pour celles et ceux qui le souhaitent, l’association enverra également deux graines de variétés géantes de potirons afin de donner à tous la possibilité de participer au concours du plus gros potiron qui aura lieu le jour de la fête. Les graines seront envoyées aux participants fin mars (pour des semis qui sont à effectuer, pour la plupart, en pleine terre en mai) et seront accompagnées d’une petite notice avec quelques conseils très simples de jardinage.
- En échange du don des graines, les particuliers s’engagent à amener à la Maison de la Nature une petite partie de leur récolte (par exemple 1 à 2 fruits pour les grosses variétés et 2 à 5 pour les petites variétés plus productives) le vendredi 13 octobre ou le samedi matin 14 octobre afin que les fruits/légumes puissent être présentés lors de l’exposition du dimanche.
- le dimanche soir 15 octobre, à l’issue de l’exposition, les personnes ayant participé à cette opération pourront récupérer leurs fruits et seront invitées à un petit casse-croûte offert par la Maison de la Nature.
L’association s’est donnée comme objectif la présentation de 200 variétés différentes. Il est clair que cet objectif ne peut-être atteint que si un grand nombre de personnes s’implique dans le projet. Donc, n’hésitez pas à faire le maximum de publicité à cette opération, autour de vous, auprès de vos amis jardiniers, même s’ils ne connaissent pas la Maison de la Nature et ne sont pas adhérents.
Si vous êtes intéressé(e) par cette opération, retournez-nous le coupon-réponse joint à la présente lettre d’infos (date limite : 1er mars), nous vous adresserons par courrier les lots de graines demandés.
NATURE INFOS
Quand le jaseur boréal s’invite dans le jardin de la Présidente ! L’hiver dernier avait été marqué par une invasion spectaculaire de jaseurs (un oiseau qui ne vient en nombre que tous les vingt ou trente ans). Cet hiver, huit nouvelles observations ont été réalisées en Franche-Comté, dont celle d’un oiseau dans le jardin de Christiane, présidente de la Maison de la Nature, le dimanche 28 janvier. Quel honneur (et pour la présidente, et pour l’oiseau) ! Ça fait d’ailleurs jaser !
La Caridine : crevette d’eau douce, découverte dans l’Ognon à BRUSSEY De qui s’agit-il ? Non, ce n’est pas le Gammare, bien connu, mais un autre crustacé qui ressemble à la petite crevette grise que l’on trouve en bord de mer ; telle est cette espèce d’eau douce, dont le nom latin est Atyaephyra desmaresti (Millet 1831), la Caridine. Sa taille est faible, de 25 à 35 mm, le corps transparent, légèrement tacheté, un rostre denté prolonge la tête et les yeux sont développés et pigmentés. Elle est donc difficile à repérer, d’autant plus qu’elle est surtout active la nuit. Il faut être muni d’une épuisette à mailles fines et chercher en bordure de rivière, dans les zones calmes, entre les pierres et dans la végétation aquatique (myriophylles, potamots, ...). Elle préfère les empierrements disjoints des berges des vieux canaux ou des ouvrages, barrages et moulins. C’est le cas à Brussey. Mais la Caridine est une espèce méridionale, surtout présente dans la partie sud de la France, et tout autour de l’arc méditerranéen. Cependant son aire de répartition s’étend vers le nord de l’Europe, jusqu’en Hollande, en profitant des canaux creusés par l’homme et des grands fleuves : Rhin, Meuse. Elle a même été signalée dans l’Oder (fleuve frontière entre l’Allemagne et la Pologne) en 2002 ! Ce qui fait dire qu’il s’agit d’une espèce invasive. En fait, cette colonisation serait une des preuves biologiques des modifications climatiques. Les cycles hydrologiques sont marqués par une tendance forte à l’augmentation des variations saisonnières, en particulier ceux des maxima estivaux qui favorisent les espèces dynamiques les plus adaptées. Ainsi en est-il de la Caridine qui progresse vers l’Est, en passant par Brussey ! Par contre dans le Sud, elle est en régression, subissant les étiages et disparaissant lors des “assec” des rivières, comme cet été où 3500 km de rivières ont totalement été sinistrés. Toute nouvelle observation (ainsi récemment à Jallerange) est la bienvenue. Alors à vos bottes !
Du nouveau chez les poissons Les biologistes curieux et fouineurs de la Maison de la Nature, Frédéric Sergent et Jean-Pierre Hérold, qui ont aussi le virus de la pêche, continuent leur quête d’espèces rares, nouvelles ou étonnantes. Ainsi ils ont pêché un Silure glane de plus d’un mètre, dans l’Ognon, à Brussey. Cette espèce invasive peut atteindre 2 mètres et plus, comme celui qui a été pris à Pesmes, l’an passé. Cela en fait le poisson le plus gros de nos eaux. Le plus petit a été capturé à l’épuisette à maille fine, dans le ruisseau qui passe dans la Maison de la Nature, c’est l’Epinochette (Pungitius pungitius. L.). Elle atteint au plus, 4 à 5 cm ; elle est cousine de l’Epinoche, plus grosse, qui est munie de 3 épines dorsales. L’Epinochette en possède 9 ou 10, plus petites, sur un corps fusiforme comprimé et élancé, gris brun. C’est un poisson sédentaire d’eaux calmes peu profondes et d’herbiers, où elle se nourrit de larves d’insectes et de plancton. Comme chez sa cousine, le mâle construit le nid en forme de manchon où il invite une ou plusieurs femelles à venir pondre, puis il surveille lui-même les oeufs et les alevins. C’est une espèce classée vulnérable et en déclin, elle est rare dans notre région et la seule référence récente est celle de sa présence dans le ruisseau de Parmentier au nord de Lure, où elle a été signalée lors des enquêtes préalables à la modernisation de la Nationale 19. Quelles autres surprises nous réservent nos curieux ?
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