La lettre d'infos de juin 2004

 

ACTION INFOS

petite fête en préparation
La Maison de la Nature vient d’avoir vingt ans et cet événement important va être fêté à l’automne prochain. Les adhérents seront conviés à une soirée festive qui aura lieu le samedi 2 octobre. Une invitation vous sera adressée en temps voulu, notez dès maintenant cette date sur votre agenda.

reconduction du bureau
Le Conseil d’Administration de la Maison de la Nature, qui a fait suite à l’Assemblée Générale du 16 avril a reconduit le bureau de l’association dans son intégralité. Celui-ci se compose de Christiane Eymard (présidente), Elisabeth Altmeyer et Daniel David (vice-présidents), Chantal Le Gal (trésorière) et Daniel Voidey (secrétaire).

contrat de rivière
50 millions d’euros. C’est la somme consacrée par les collectivités locales et l’État pour reconquérir la qualité des eaux de l’Ognon. Et si avec ça, la rivière ne se porte pas mieux dans cinq ans, ce sera à n’y rien comprendre !


NATURE INFOS

petit coin de paradis
Les ornithologues franc-comtois connaissent depuis longtemps la basse vallée de l’Ognon et notamment la plaine alluviale en aval de Marnay, réputée pour le passage de nombreuses espèces migratrices. Un autre lieu de la basse vallée attire de plus en plus les amoureux des oiseaux : il s’agit de la gravière de Pagney, sur la rive gauche de l’Ognon, qui a été créée récemment et qui attire des espèces rares. Le nombre d’espèces observées cette année par les ornithos, et notamment par les membres du GNFC, est impressionnant : sternes, guifettes, chevaliers. A vos jumelles !

guêpiers en migration
La présence du guêpier dans la vallée de l’Ognon, même en migration, est extrêmement rare. La nidification y a été notée à une seule reprise, à Beaumotte-Aubertans, à la fin des années 80. Des individus ont été observés cette année, le week-end de l’Ascension, à Pagney et à Bussières.

observation exceptionnelle de coucou
Le coucou gris est très farouche et son observation est souvent très furtive : à peine a-t-on l’occasion de l’apercevoir au vol qu’il a déjà regagné le couvert végétal. Le 5 juin, un adulte est resté à deux mètres des bureaux pendant au moins deux heures de temps. Il paraissait en bonne santé mais il est probable qu’il ait heurté la fenêtre des bureaux et mis deux heures à reprendre tous ses esprits. Une observation exceptionnelle à mettre dans les annales de la Maison de la Nature !

hypolaïs polyglotte nicheuse à Brussey
ça y est, l’hypolaïs polyglotte niche sur le terrain de découverte, c’est maintenant chose sûre. Au cours des dernières années, les séances de baguage menées par le GNFC avaient permis de capturer régulièrement cette espèce sans que l’on soit vraiment certain de sa nidification. Le nombre d’oiseaux capturés (4 individus) en pleine période de nidification lors de la séance de baguage du 26 mai ne laisse aucun doute : l’hypolaïs polyglotte niche à la Maison de la Nature, d’autant plus que les 4 mâles capturés présentaient tous des signes d’activité sexuelle (protubérance cloacale bien développée). Ce petit oiseau discret de la famille des fauvettes est en pleine remontée vers le nord et ce phénomène est intéressant à suivre. Ainsi, il y a vingt ans, la vallée de l’Ognon était une zone où cohabitaient les deux espèces d’hypolaïs : l’hypolaïs ictérine (d’origine nordique) et l’hypolaïs polyglotte (d’origine plutôt méditerranéenne). Suite aux changements climatiques en cours, la zone de cohabitation remonte vers le nord et se situe aujourd’hui entre la Lorraine (zone de nidification la plus méridionale pour l’ictérine) et les Vosges saônoises (zone de nidification la plus septentrionale pour la polyglotte). M. Ferry, ornithologue à Dijon, a bien étudié ces deux espèces et a mis en évidence des hybridations régulières dans la zone de cohabitation. Ces travaux montrent donc que la différenciation en deux espèces distinctes est récente et que ces deux espèces sont génétiquement encore assez proches puisque les croisements sont possibles dans certains cas. C’est aussi Ferry qui avait surnommé ces deux oiseaux “le grand contrefaisant“ et “le petit contrefaisant“ en raison de leur aptitude à tous deux à contrefaire (imiter) le chant d’autres espèces. Dommage que les scientifiques n’aient pas crû bon de retenir ces appellations plus imagées et plus poétiques que les noms barbares et peu populaires d’hypolaïs ictérine et d’hypolaïs polyglotte !

observations de hérons
Il y a bien longtemps que le héron bihoreau n’avait pas été observé à Brussey et c’est avec surprise que nous avons observé l’un d’eux, en avril, en train de se poser juste en amont de la Maison de la Nature. Un autre oiseau de la famille des hérons s’est, lui aussi, fait remarquer : il s’agit de l’aigrette garzette, notée le 18 avril et dont c’est la deuxième observation à Brussey.

du gros monde dans les filets de baguage
De toute sa carrière de bagueur, Pierre Piotte n’avait jamais vu ça : un mâle d’épervier pieds et poings liés par les mailles d’un filet. Cette observation rarissime s’est produite le 24 avril lors d’une séance de baguage. Peut-être l’épervier a-t-il tenté de capturer un petit passereau pris lui aussi dans les mailles ? Lors de cette même séance de baguage, deux filets ont été retrouvés avec chacun un gros trou, signe du passage d’un oiseau trop gros pour être arrêté par un simple filet. Peut-être s’agit-il de la chouette effraie qui, ce jour-là, a été observée en train de chasser en plein jour, ce qui, là aussi, est un fait exceptionnel. Il s’en passe des choses sur le terrain de découverte ! Et encore, on ne sait pas tout !

des éponges d’eau douce à Brussey
Les éponges d’eau douce sont tellement difficiles à voir qu’elles auraient pu vivre longtemps dans l’Ognon sans jamais être remarquées. Mais le regard affûté de Jean-Pierre Hérold en a décidé autrement et le 20 mai dernier a été le jour de la découverte de cet être étrange. Cette éponge (Ephydatia fluviatilis pour les intimes) se présente sous la forme d’une masse verdâtre (présence d’algues zoochlorelles dans les tissus) et ressemble à de la mie de pain (sans en avoir cependant le goût !). Elle forme des colonies ramifiées fixées sur un support proche de la surface de l’eau (racines ou branches immergées). Les ostioles (c’est à dire les pores par lesquels l’eau pénètre) sont bien visibles en surface. Le squelette est composé de spicules (petits bâtonnets et doubles disques de calcite appelés amphidisques) qui sont organisés en réseau lâche. La répartition en eaux courantes n’est pas rare mais l’éponge d’eau douce reste méconnue car peu visible. Ces éponges sont souvent collectées pour faire de l’écotoxicologie et servent à étudier l’accumulation de métaux lourds et d’hydrocarbures.


LE COIN DU JARDINIER

Bon nombres d’adhérents sont aussi, et de plus en plus, de fervents jardiniers du dimanche. C’est pourquoi il nous a semblé intéressant d’ajouter à notre lettre d’infos cette petite rubrique à leur intention.

la technique du paillage, vous connaissez ?
La pratique du jardinage se révèle être très consommatrice d’eau. Or, cette ressource que l’on croyait inépuisable dans notre région commence à manquer. La technique du paillage permet de limiter la quantité d’eau utilisée et nous l’avons testée avec succès pendant l’été caniculaire de 2003. Mettre au pied des légumes (tomates, potirons, choux, etc...) une épaisseur de 5 cm de paille (ou d’herbe si celle-ci n’est pas encore montée en graines). Arroser copieusement, l’humidité sera ainsi conservée sous la paille pendant plusieurs semaines et il suffit de n’arroser que quelques fois dans l’été. Attention, cette technique ne se pratique que tard dans la saison. Explication : il ne faut pas arroser et mettre le paillage au printemps car les plantes trouveraient alors de l’humidité en surface et les racines n’iraient pas en profondeur. Il faut au contraire que les plantes développent d’abord leur système racinaire et aillent chercher l’humidité loin dans le sol. Ce n’est donc qu’en juillet-août que la technique du paillage se pratique. L’intérêt de cette méthode est double car la paille et l’herbe coupée, en se décomposant progressivement, vont apporter un peu de matière organique et améliorer la structure du sol (au printemps suivant, en soulevant la paille, on se rend d’ailleurs compte qu’il y a toute une vie qui se développe en surface, directement sous le paillage, comme en témoigne la présence de très nombreux vers de terre, insectes et microorganismes de toute nature).

à découvir : l’encyclopédie du potager
Les éditions Actes Sud ont publié les “chroniques du potager“, série de très beaux fascicules consacrés aux légumes et aromates. 35 ouvrages sont déjà parus : piment et poivron, tomate, thym et sarriette ... Chaque fascicule permet d’aborder tous les aspects de la plante (classification, histoire, culture, vertus). Nul doute que lorsqu’on a lu 40 pages consacrées uniquement au haricot, on sait beaucoup de choses sur ce légume. Chaque ouvrage vaut 10 euros. Il y a quelques mois, Actes Sud a eu la bonne idée de relier l’ensemble des ouvrages en un volume unique appelé “l’encyclopédie du potager“ et pour un prix beaucoup moins cher que si on achetait chacun des volumes séparément : 69 euros. On peut se procurer cet ouvrage de référence à la librairie “les Sandales d’Empédocle“, 95 grande rue à Besançon.


ADHÉRENTS INFOS

agenda (sorties adhérents)

  • Sortie consacrée aux libellules, encadrée par demoiselle Magalie le dimanche 20 juin de 14H à 17H à la Maison de la Nature de Brussey
  • Séance de baguage d’oiseaux encadrée par le GNFC le mercredi 7 juillet (venir de préférence tôt le matin).
  • Sortie dans la basse vallée du Doubs consacrée au guêpier d’Europe le samedi 17 juillet de 9H à 15H, encadrée par Bernard Dupont