La lettre d'infos de septembre 2004
ACTION INFOS
5 nouveaux CPIE Malgré la crise du secteur associatif, le réseau des CPIE est en pleine expansion. 5 nouvelles associations viennent d’être labellisées “CPIE“ lors de l’Assemblée Générale qui s’est tenue cette année à Millau. Il s’agit du CPIE de Morlaix-Trégor ouest (Finistère), du CPIE des Hautes-Corbières (Aude), du CPIE du Pays Gersois (Gers), du CPIE Bocage de l’Avesnois (Nord) et du CPIE Villes de l’Artois (Pas-de-Calais).
Les fantômes CPIE, ça existe ! L’APIEU de Franche-Comté n’existe (malheureusement) plus depuis deux ans mais le site internet de cette association fonctionne toujours. Difficile d’empêcher les fantômes de courir sur le net !
et vive le développement durable ! À l’occasion de la semaine du développement durable, le ministère du même nom n’a pas réussi à financer les actions des associations impliquées dans cette manifestation. Par contre, le ministère a publié pour cette occasion toute une série de petits gadgets, dont certains étaient estampillés Made in China. Sans commentaires.
et re-vive le développement durable ! On se souvient encore des effets d’annonce de la charte environnement voulue par le Président de la République au printemps dernier. Les grands discours de préservation de l’environnement allaient-ils se traduire par des actes concrets ? OUI : les premières mesures n’ont pas tardé à être prises dès la rentrée d’automne : le budget de l’Union Nationale des Centres Permanents d’Initiative à l’Environnement a ainsi été réduit de moitié, celui du Conservatoire du Littoral de 42,5% !!! Et il semble que les autres réseaux nationaux qui œuvrent dans le domaine de l’environnement (parcs, réserves, conservatoires) soient très touchés eux aussi . Signalons enfin que l’État a transféré la compétence des réserves naturelles volontaires aux régions mais qu’il n’y a pas eu encore, jusqu’à présent, de transfert des moyens correspondants !
NATURE INFOS
la bouvière à Brussey Ce n’est pas une nouvelle marque de bière franc-comtoise. Il s’agit simplement d’un poisson au comportement très original, qui vient d’être observé à Brussey par Frédéric Sergent. Cette espèce très particulière (le poisson, pas Fred !) a été capturée aux abords de la Maison de la Nature et est facilement reconnaissable par une bande bleu-vert, le long des flancs du milieu du corps à la base de la queue chez les mâles. Mais c’est surtout par son mode de reproduction très remarquable que cette espèce se singularise. C’est au printemps que les mâles étincellent de toutes les couleurs de l’arc-en-ciel et que les femelles voient se développer un tube de ponte de près de 6 cm. Le mâle a le privilège de choisir la femelle pourvue du plus long tube et de la guider vers une moule d’eau douce. La femelle enfonce alors son tube de ponte dans les branchies du mollusque et pond 1 à 2 œufs. Le mâle lâche immédiatement sa laitance sur la moule qui l’aspire en partie avec l’eau de respiration, et les œufs sont ainsi fécondés. Ce mode de reproduction est ainsi répété de nombreuses fois, et pas toujours avec la même femelle. Le mâle préfère donc garder sa moule et la défendre des adversaires plutôt que de s’occuper de sa compagne. La garde va durer 2 à 3 semaines et les jeunes poissons vont sortir du bivalve deux jours après l’éclosion. Dans la précédente lettre d’infos, nous vous avions parlé de l’éponge d’eau douce, découverte à Brussey par Jean-Pierre Hérold. Décidément, il s’en passe des choses dans l’Ognon. Et ce n’est pas tout !
le silure, un géant venu de l’Est ? 2004 est une année historique pour la pêche du silure dans l’Ognon. Récemment, en septembre, deux véritables monstres ont été capturés : un premier spécimen de 1,85 m et 35 kg à Boulot, puis un deuxième de 2,02 m et 42,5 kg, ce qui constitue semble-t-il le record pour la vallée de l’Ognon. À quand un poisson de 4 m et de 200 kg comme en Europe centrale ? Le silure glane (silurus glanis, L.), de la famille des siluridés, est différent du poisson-chat, bien plus modeste. On dit qu’il s’est propagé du Danube vers l’Ouest et du Rhin vers le Rhône par les canaux construits au 19ème siècle. Cependant, les archives consultées dans le Doubs indiquent qu’en 1850, M. Berthot, ingénieur des Ponts et Chaussées, a fait venir d’Allemagne des silures relâchés sous le pont Saint-Pierre à Besançon. En 1858, à Dole, on a capturé un exemplaire de 1,15 m et un autre de 1,25 m pour 12,5 kg à Chalezeule, près de Besançon, où M. Guerin, pisciculteur, avait pratiqué des alevinages de silures et de bien d’autres espèces plus exotiques. De nombreuses “expériences“ d’introduction sont pratiquées en eau close ou libre, et cette année le silure de pisciculture vaut 6 euros le kg ! On continue donc de favoriser cette espèce indésirable ! La pêche spécifique de gros exemplaires s’est développée dans la Saône avec des techniques nouvelles pour battre des records de poids, puis les pêcheurs ont recherché l’espèce dans l’Ognon et l’ont trouvée ! On dit aussi que les populations de silures qui augmentent vont porter préjudice aux espèces indigènes. En fait, une régulation naturelle se produit, comme on l’a observé avec le sandre. Car le silure est accusé d’être l’ogre de nos rivières, sa bouche large et sa tête aplatie sur un corps allongé à la peau nue, de couleur gris-marbré, lui donne un aspect féroce. Il peut effectivement être d’une grande voracité, mais reste inactif dès que la température de l’eau chute. Sa reproduction a lieu au mois de juin, quand les eaux se réchauffent, la ponte est formée de millions d’oeufs, que le mâle protège et défend : comportement évolué, n’est-ce pas ? (article Jean-Pierre Hérold).
migration en masse de gobemouches noirs Les deux dernières séances de baguage effectuées sur le terrain de découverte ont montré un passage important de cet oiseau en août et septembre : jusqu’à 6 individus capturés la même journée. Cette espèce très discrète est rarement observée à Brussey.
les automnes se suivent et se ressemblent Dimanche 12 septembre, jour de l’ouverture de la chasse, ça canarde dur autour de la Maison de la Nature. Pas de doute, l’automne est déjà là !
passage exceptionnel de cigognes Des quantités importantes de cigognes blanches ont traversé la Franche-Comté en fin d’été. Un adhérent nous en signale une cinquantaine à Villars-St-Georges (dont une qui s’est électrocutée sur une ligne EDF). Magalie, animatrice à Brussey, en a recensé une centaine, fin août, sur la sablière de Pagney en aval de Marnay. Surprise : une cigogne noire, espèce rare dans la vallée de l’Ognon, se baladait au milieu des cigognes blanches.
LE COIN DU JARDINIER
graines de tomates La sortie du 7 août, consacrée aux tomates, a confirmé l’intérêt des membres adhérents de la Maison de la Nature pour la pratique du jardinage. Le jardinier amateur se contente bien souvent d’acheter des replants, les plus avertis achètent des graines, rares sont ceux qui vont jusqu’au processus complet de culture de la plante et qui produisent eux-mêmes leurs propres graines. La tomate est probablement la plante du jardin qui se prête le plus à cette pratique. Avant de récolter ses graines, il faut savoir que chacune d’entre elles possède une enveloppe protectrice qui contient des substances chimiques obligeant la graine à rester à l’état de dormance (car il règne dans la tomate les conditions nécessaires à la germination : humidité, chaleur et obscurité). Pour conserver les graines (à partir de tomates bien mûres), il faut donc d’abord les débarasser de leur enveloppe visqueuse en les frottant longuement sous le robinet dans une passoire à mailles fines. C’est la méthode la plus simple, mais elle ne permet d’éliminer qu’une partie des enveloppes gélatineuses protectrices ; il existe une autre méthode qui consiste à faire tremper les graines pendant 24H dans de l’eau, ce qui provoque un début de fermentation et entraîne l’élimination complète de cette enveloppe protectrice. On les dépose ensuite sur une assiette en aluminium (ou sur du papier journal en remuant très souvent car les graines colleraient au papier) dans un endroit sec (mais pas au soleil). On les conserve ensuite dans de simples enveloppes en papier dans un endroit sec où elles pourront se conserver en moyenne jusqu’à 4 ans, parfois jusqu’à 10. La récolte de graines ne marche qu’avec des variétés anciennes. Inutile donc d’essayer avec des hybrides F1. Avec la récolte de graines, vous pouvez ainsi conserver plusieurs variétés de tomates pendant des dizaines d’années sans qu’elles se mélangent entre elles car les risques d’hybridation sont très faibles. En effet, les fleurs de la grande majorité des tomates possèdent une configuration particulière (style rétracté, non accessible aux insectes butineurs) qui empêche toute pollinisation croisée. Il n’y a que trois groupes de tomates, plutôt rares d’ailleurs, qui échappent à cette règle : les tomates groseilles, les tomates à feuille de pommes de terre, les tomates de type “beefsteack“. Vous pouvez faire des essais avec toutes les autres variétés anciennes. Hâtez-vous avant que l’automne ne vienne mettre à mal les derniers fruits (enfin, pour ceux qui ont réussi à mûrir et à échapper au mildiou, car si l’année 2003 a été exceptionnelle pour les tomates, 2004 ne restera pas dans les annales). Et surtout, pensez à donner quelques graines de vos variétés préférées à vos voisins et amis jardiniers : les graines, ça se partage !
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